Dans la dernière livraison du Monde, Olivier Truc correspondant à Stockholm, signe un papier titré ” Le cercle des poètes suédois républicains et révoltés ” dans lequel il fait part de la réaction de rejet des milieux poétiques face au projet de Marten Castenfors, directeur de la galerie Liljevachs. A l'occasion du mariage royal courant juin 2010 entre la brillante princesse héritière Victoria - de la maison Bernadotte de souche française - et Daniel Westling, l'ancien critique d'art Marten Castenfors aurait sollicité des poètes suédois réputés pour l'écriture d'“un court poème sur les mystères de l'amour”. Ces poèmes seraient ainsi lus le jour du mariage avant d'être offerts sous forme d'ouvrage au jeune couple.
Mais les deux tiers des poètes sollicités ont opposé un net refus vis à vis de cet exercice hagiographique, refus motivé principalement par le républicanisme chevillé au corps de ces réfractaires. Lesquels feraient valoir quelques arguments sans appel rapportés in extenso par le correspondant du Monde.
Thomas Tidholm : “Je ne trouve pas de mot pour exprimer le dégoût que je ressens pour cet événement. Je suis absolument contre la monarchie, je hais tout ce spectacle. Ce n'est pas digne d'une démocratie”.
Jenny Tunedal : “La raison essentielle est que je suis républicaine. Ecrire un poème d'amour serait une part de cette célébration. Et je ne peux pas séparer le poème du contexte.”
Jacques Werup : “Oublie même que tu m'as rencontré. Ce n'est rien pour moi, c'est tout simplement trop bête, un symbole affligeant.”
Göran Greider, poète et rédacteur en chef d'un quotidien social-démocrate: “ J'espère que les poètes qui se sentent idéologiquement concernés soutiendront l'idée”, lui-même s'interdisant toute contribution sous peine de divorce d'avec sa femme membre de l'association républicaine.
A Eva Ribich, seule citée parmi les poètes inspirés avec cette part d'équivoque - “Je trouve joli de célébrer l'amour et je ne pense pas seulement au couple royal quand je le fais.” - nous aimerions conseiller de n'y pas penser du tout.
Au demeurant, cette opposition des milieux littéraires, dans cette Suède “émancipée” mais néanmoins monarchique, ne saurait nuire à la qualité des ébats poétiques…
XD












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