Après la calamiteuse émission de Madame Chabot qui a osé mettre en scène Le Pen (Marine) et Besson dans “un débat d'indignité nationale” dénoncé avec force par Vincent Peillon, ce dernier récusant l'invitation le reléguant en dernière partie, France 2 présentait un auto-portrait de Lionel Jospin.

La première partie de ce reportage méritait bien d'être regardée et donne envie de voir la suite. On y a rencontré l'ancien adjoint de François Mitterrand, alors à la direction du Parti socialiste, avant que ce dernier, candidat puis président de la république, ne lui passât le flambeau. Ce Jospin là, celui de nos jeunes années militantes, raconté par l'ex-premier ministre en retraite après sa déroute de 2002, nous devait bien des explications.

Et d'abord sur son intégration dans les cercles d'experts du premier secrétaire, quand le jeune énarque émargeait toujours à l'OCI, l''Organisation Communiste Internationale - mouvance trotskiste manoeuvrière et bête noire des jeunes socialistes de l'époque - redoutée tant pour ses capacités d'influence que pour ses opérations coups de poing dans la pleine tradition gauchiste. Combien étions-nous à cette époque, membre des jeunesses ou des étudiants socialistes, à ferrailler dans la vie associative, mutualiste, syndicaliste et politique avec les représentants de cet influent groupuscule, quand celui qui devait devenir, un peu plus tard, le dirigeant du P.S. fréquentait dans le même temps Pierre Lambert et François Mitterrand?

Ironie de l'Histoire, Lionel Jospin s'explique aujourd'hui, tranquillement, en chassant cette image d'agent double pour privilégier une approche intellectuelle de cet engagement gauchiste. Le ton et les mots de Lionel à l'endroit de l'ancien dirigeant trotskiste traduisent une certaine bienvaillance, assez surprenante, semblable du reste à celle qu'il reçut de la part de François Mitterrand, avant que cet enfant chéri du président ne se trouvât en délicatesse au congrès de Rennes de 1989. Nous reviendrons sur cette période plus proche qui ne manquera pas d'être évoquée en seconde partie.

Sans se focaliser sur cette première phase de la vie poilitique de Lionel Jospin, l'autoportrait permet de démêler l'écheveau complexe des raisons d'agir en politique, sans gommer la dimension souvent paradoxale de l'engagement. Une invitation à l'introspection sur soi même pour ne pas trop “se la raconter” !  A suivre…

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