Hier, en fin de soirée, FR2 diffusait la deuxième partie de l'autoportrait de l'ancien premier ministre. Un Jospin très en forme, commentant ses relations avec le président Mitterrand sous le second septennat, puis ses deux campagnes présidentielles ponctuées par sa gestion gouvernementale sous la cohabitation avec Jacques Chirac. De celle-ci, il a largement rendu compte, justifiant, notamment, les privatisations sans précédent dont il fut à l'origine, par la nécessité de muscler nos entreprises nationales en permettant l'ouverture de leur capital aux actionnaires avec des recapitalisations sur le marché boursier dans une parfaite logique libérale.

Elogieux sur la politique de sécurité conduite par son gouvernement avec le ministre de l'intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, il démontre bien toute la pertinence du dispositif de police de proximité démantelé par Sarkozy et les gouvernements de la droite. Mais, sur deux points litigieux, son passé trotskiste et son traitement de la question corse, l'ancien premier ministre présente des arguments très spécieux.

Bien d'accord avec lui pour acter le fait que cette réminiscence de son passé militant, orchestrée par la droite lorsqu'il revint aux affaires en 1997, n'était pas gratuite. Et pour considérer que cette  dénégation mensongère de sa jeune filiation trotskiste, lors de cette fameuse interview qu'il donna au journal Le Monde en 1995, était une erreur singulière pour ne pas dire une faute !

En total désaccord avec lui sur cette appréciation péjorative et péremptoire portée sur la posture de son ministre de l'intérieur lorsque ce dernier, en opposition avec Matignon, se refuse à entériner un processus d'autonomie pour la Corse. Avec le recul et les résultats du référendum de 2004 qui mit un point final à ce mode de règlement, Jospin est mal inspiré de polémiquer avec un Chevènement qu'il qualifie bien maladroitement d' ”entêté” sinon de “buté” quand, en toute cohérence, ce dernier ira jusqu'à  démissionner par refus d'une partition de la république. Ce que la population corse refusa à son tour avec Emile Zuccarelli lors du référendum sur cette question.

Un certain entêtement bien regrettable dans ce souci d'en découdre avec un Jean-Pierre Chevènement dont on connait pourtant toute la rectitude, la sagesse… et la constance. Avec, pour seul péché de jeunesse de l'ancien leader du CERES, celui d'avoir accompagné la victoire de François Mitterrand à Epinay puis à l'Elysée. A chacun son droit d'inventaire!

X D